Au Lecteur - 🪶Charles Baudelaire | Ergo Sum 🎶
Автор: Ergo Sum
Загружено: 2025-01-19
Просмотров: 255
Описание:
Charles Baudelaire
Au lecteur
Les Fleurs du mal (1861), Poulet-Malassis et de Broise, 1861 (p. 1-3).
📜 Poème : Au Lecteur
✍️ Auteur : Charles Baudelaire
📚 Recueil : Les Fleurs du Mal (1861)
🎶 Interprétation musicale : Ergo Sum (2025)
🎸 Guitare & Chant : Ergo Sum
📅 Mise en musique : 19 janvier 25 (33e poème de la série)
AU LECTEUR
La sottise, l’erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.
Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.
Sur l’oreiller du mal c’est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.
C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.
Ainsi qu’un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d’une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.
Serré, fourmillant, comme un million d’helminthes,
Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons,
Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons
Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes.
Si le viol, le poison, le poignard, l’incendie,
N’ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins
Le canevas banal de nos piteux destins,
C’est que notre âme, hélas ! n’est pas assez hardie.
Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,
Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde !
Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde ;
C’est l’Ennui ! — l’œil chargé d’un pleur involontaire,
Il rêve d’échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
— Hypocrite lecteur, — mon semblable, — mon frère !
Note de clôture – Projet "Les Fleurs du Mal"
Je clôture ce jour, le 19 janvier 2025, le projet musical Les Fleurs du Mal par ce poème d’ouverture du recueil : Au lecteur.
Était-ce une ambition démesurée que de lire Baudelaire avec une simple guitare ?
La question traverse les descriptions des 34 pièces de la playlist.
Trois week-ends d’enregistrement ont été nécessaires pour mener ce travail à son terme.
Vous comprendrez donc que certaines erreurs, hésitations ou maladresses n’aient pas été corrigées. (Il en résultera 64 pièces au final !)
Ce projet ne prétend pas livrer un produit fini.
Mais peut-être aura-t-il éveillé une curiosité chez quelques-uns des hypocrites lecteurs…
Ce qui demeure, c’est un matériau brut, aux prolongements improbables,
mais qui résonne avec une simplicité ouverte à tous les mouvements,
par son authenticité et sa sincérité.
Bonne écoute à ceux qui souhaitent poursuivre.
Chacun trouvera la prosodie qui vibre en son propre intérieur,
et peut-être saura se synchroniser avec l’auteur.
Il faudra se consumer en d’austères études pour approcher, ne serait-ce qu’un peu,
le sens et en éprouver la beauté.
Chaque poème des Fleurs du Mal est une pièce infinie :
même achevée, elle contient une variété de développements innombrables
et une quantité insondable de possibles interprétations.
Dans le cadre de ce projet, j’ai étudié l’apport esthétique d’une mélodie.
Comment le texte chanté modifie-t-il la perception du sens ?
Quels attributs objectifs mobiliser pour en faire l’étude ?
Quel type d’imagination est sollicité ?
Le chant renforce la mémoire, certes,
mais il transporte aussi des flux inconscients, porteurs de contenus sacrés…
Si vous avez des réponses, n’hésitez pas à m’en faire part.
Merci.
PS : J’ai fourché sur “plus laid” dans l’avant-dernière strophe…
Était-ce par essoufflement ou par hypocrisie ? 😊
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