Sacha Guitry ridiculise Monaco en 5 minutes d’élégance assassine – "Le Roman d’un Tricheur"
Автор: Lecinémafrançais Danstoussesétats
Загружено: 2025-06-29
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Monaco vu par Sacha Guitry dans Le Roman d’un tricheur (1936) — voilà un joyau de satire, ciselé avec cette plume à la fois moqueuse, élégante et cruellement lucide dont seul Guitry avait le secret. Dans cette séquence d’environ cinq minutes, entièrement consacrée à la Principauté, l’auteur s’amuse d’un ton faussement admiratif à dénuder l’illusion dorée de ce paradis fiscal et mondain, révélant un royaume de faux-semblants, d’oisiveté et de luxe creux.
Un mirage de glamour : Monaco, décor en carton-pâte
Dès les premières images, Guitry capte la quintessence du « décor » monégasque. Tout y est : les palmiers, les voitures brillantes, les hommes en livrée et les femmes en bijoux — un théâtre d’apparat où l’on ne vit pas, mais où l’on joue à vivre. En bon dramaturge, il reconnaît immédiatement l’artificialité de cette mise en scène. Il ne filme pas Monaco, il filme l’idée de Monaco telle qu’elle s’exhibe aux naïfs : un lieu où l’on pense s’élever socialement à la seule force du hasard, du jeu, ou du vice.
Guitry, qui manie la voix off comme une canne dandy qu’il agite nonchalamment mais avec précision, en profite pour décocher ses flèches : la Principauté devient le symbole d’un monde sans morale, où l’argent est roi, le travail une vulgarité, et l’intelligence presque un défaut.
Un espace sans éthique : là où le vice devient vertu
Monaco est présenté comme un microcosme inversé, où toutes les valeurs traditionnelles sont moquées : le travail y est inutile, la pauvreté honteuse, et la chance érigée en religion. Le narrateur observe avec ironie ces joueurs compulsifs, ces rentiers désœuvrés, ces demi-mondaines à l’élégance tapageuse. Guitry ne les déteste pas : il les observe avec un mélange d’amusement et de mépris poli, comme un entomologiste observe une colonie de fourmis dorées qui s’agitent sans but.
Il évoque, dans une scène emblématique, l'idée que le crime — ou du moins la tricherie — devient non seulement tolérable, mais même enviable dans cet univers où seule compte la réussite visible, pas sa provenance. C’est d’ailleurs tout le propos du film : le narrateur a « triché toute sa vie », et s’en porte mieux que s’il avait suivi les voies de la vertu.
Une satire élégante et sans appel
Ce passage sur Monaco ne dure que quelques minutes, mais il condense en réalité tout le regard de Guitry sur une société qui valorise les apparences plutôt que le mérite. Il s’en moque sans vulgarité, avec cette ironie légère, presque complice, qui pique davantage qu’un pamphlet frontal. La voix off déroule un commentaire brillant, où le style élégant sert de gant à des gifles morales bien senties.
Monaco devient ainsi plus qu’un lieu : un symbole moral. Il incarne un monde superficiel, gouverné par le hasard et l’avidité, que le narrateur du film traverse sans jamais s’y laisser prendre — un monde où l’on peut réussir en trichant, parce que tout le monde, au fond, espère tricher un jour avec succès.
En somme, dans Le Roman d’un tricheur, Monaco est un personnage à part entière : luxueux, absurde, et moralement creux. Et Guitry, avec sa verve de moraliste libertin, le regarde avec une ironie tendre mais impitoyable — comme on regarde un miroir déformant de la société tout entière.
🎬 Le Roman d’un tricheur – réalisé, écrit, narré et joué par Sacha Guitry. Un chef-d'œuvre de cinéma parlé, tourné comme une confession brillante d’un homme qui a compris très tôt que la vertu est une option, mais que le vice, lui, est souvent récompensé.
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