Nòŋ tē bɔ́ a Yòb (Daigne les accueillir au Ciel)
Автор: Le Saker D'Ahala II / Chants religieux Bətí
Загружено: 2025-11-01
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Chers ami-e-s,
C’est avec une vive alacrité que nous vous présentons ce travail, fruit de recherches ayant une finalité double : se connaître soi-même, selon la maxime phare de la philosophie antique ; savoir ses racines, et dans ce cadre, ses Ancêtres. Cette « bifacéité » de la finalité n’implique nécessairement pas opposition ; elle se prolonge quant au chant lui-même. De fait, chanter pour les morts c’est tenir deux vérités contradictoires : la séparation et la certitude de la continuité. Nos défunts, en les commémorant, ont été arrachés à la nuit de l’oubli. Nos voix priantes, mêlées à la fumée et au feu, s’élèvent pour accompagner leurs âmes vers la Béatitude. Nos voix deviennent médiatrices entre le visible et l’invisible, entre l’éphémère et l’éternel. Le chant devient alors philosophie vécue, métaphysique incarnée.
Ce chant, qui évoque d’abord le drame de la mort, se meut rapidement en offrande, en cri d’espérance, la douleur se transmuant en méditation. La mort est cette « chose » qui stoppe le désir de perdurer dans l’existence. Elle est, aux dires de Hegel, négation nécessaire faisant advenir l’Esprit, lequel, libéré de la particularité, s’élève à l’Universel. Dans une même optique, l'idée de « conatus » renvoie à la conservation de soi, à celle de l’ouverture de l’Être humain à l’immortalité. Rupture et continuité se côtoient ainsi. Si tel n’était pas le cas, notre chant serait dénué de sens. Malgré l’hyper-domination de l’ontologie matérialiste dans le monde contemporain, des vestiges spiritualistes résistent, au sein des traditions ancestrales. L'immortalité de l'âme spirituelle, dans ce contexte, est un fait ! C’est d'ailleurs mû par cette assurance de survie de l’âme que nous avons décidé d’écrire ce chant: que les défunts ne soient pas effacés de la mémoire collective, même si, il est vrai, qu'ils restent intacts dans la Mémoire divine. Là où le silence menaçait d'engloutir ce nom, la réponse du chœur (« Nòñ tē bò [nyê] a Yòb ») le ramène à la lumière. Dans la tradition négro-africaine, le nom est une essence, un pouvoir. Dire le nom d’un ancêtre, c’est lui ouvrir la voie afin qu’il puisse marcher parmi les vivants. C’est pourquoi la deuxième partie de ce chant s’arrête, telle une constellation déployée, à une litanie de noms, qui elle-même conduit vers la vertu de l'espérance : la survie des Défunts dans un monde meilleur.
La philosophie de Hegel nous apprend que la négation est dépassée par une affirmation nouvelle. Ainsi, la mort, en tant que négation de la vie, est elle-même niée dans le mouvement de l’Esprit : de là surgit une plénitude nouvelle. Pour sa part, la sagesse bëtí enseigne que la mort n’existe pas comme fin. Elle n’est rien d’autre qu’une mutation ontologique. En suivant la systématisation de la philosophie négro-africaine retracée par Basile J. Fouda (La philosophie négro-africaine de l’existence, L’Harmattan, 2013), nous ressortons le triptyque suivant :
– 1) la Vie, ayant à sa source, Dieu;
– 2) la mort, résultante de l’homme avide de complétude. Vivant jadis dans un compagnonnage théandrique, celui-ci est rompu du fait de la liberté de l’homme;
– 3) c’est alors que, ne pouvant être « Dieu », l’homme est contraint de rechercher la vitalisation, l'union théandrique.
Cette vitalisation peut être tellurique ou post-tellurique. Le plus remarquable est : le post-tellurisme pneumatologique, c’est-à-dire la « survie objective », celle de l’âme après que le corps a succombé. Dans la tradition ancestrale, la vitalisation comme post-tellurisme sigillaire est déjà le signe de la victoire de la vie sur la mort. Elle est vaincue du fait de la continuité du clan vivant à l’aune de la réincarnation nominale. C’est aussi ici le lieu où la Religion ancestrale et ses traditions rencontrent la Religion chrétienne, laquelle prône une survie de l’âme et la réalité d’un Monde dans lequel la mort, présentée comme « ennemie », sera définitivement vaincue (I Co. 15, 26) ; les larmes et les douleurs n’auront plus lieu d’être (Apoc. 21, 4). C’est sur cette base que repose le dernier chœur de ce chant. La tension dialectique entre les eschatologies (ouverte/fermée) prônées par la Religion ancestrale et le Christianisme est résolue à la manière de la cadence quasi-parfaite présente tout au long de cette oeuvre musicale.
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Musique, paroles : E. MBIDA, Henry Saker
Solistes : Claudine Nnomo epse Abessolo; MVE, Arlette; ZIBI, G. Cyrille; E. MBIDA, Henry Saker
Chœur : ABESSOLO Claudine; ZIBI G. Cyrille; NGA ONANA Marcellin
Balafons : EKANI EKANI, Jean Parfait
Guitares : EWONDO, Janvier
Claviers : E. MBIDA, Henry Saker
Basse : SONKWE, Moïse
Nkúl : ZIBI, Gabriel Cyrille
Réalisation : Influence Group (+237 6 99 46 52 07)
Enregistrement : EWONDO, Janvier – Studio « Galaxy », à Nkoabang (Yaoundé)
Lieux : Mont Febé; Carrière; Ahala
© 2025 MBIDA, Henry Saker
... avec la participation de la Chorale sainte Thérèse de l'Enfant Jésus d'Ahala I
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