DICK RIVERS le condamné (au matin) 1969
Автор: OubaelPhoumet
Загружено: 2012-01-11
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Описание:
album : l'interrogation.
L'?, également désigné L'Interrogation est une sorte de concept-album vaguement écologique, une sorte de "vie et mort d'untel", velléité fumeuse sur le papier, et qui s'avère être relayé par les textes du récitant à voix blanche qu'est Gérard Manset, qui assure ainsi la transition entre les titres. Ce procédé, maintes fois utilisé (un conteur sur le Odgen's Nut Gone Flake des Small Faces, des spots publicitaires sur The Who Sell Out) a souvent donné lieu à la naissance de grands disques, sans que cela ne soit une panacée, bien évidemment. Mais L'? ne fait pas exception, et ne détonne pas vis-à-vis de ses devanciers.
Tout d'abord "Le Vent", première piste contient dans un registre orchestre symphonique l'une des intros les plus classe, à ranger du côté des plus belles réussites de gens aussi estimables que Isaac Hayes ou Kevin Ayers : cordes majestueuses, harpe, mélodie infernale réhaussées du chant toujours très sûr de leur interprète, souvent reconnu comme l'un des meilleurs de son temps.
Mais dès "L'interrogation", dont le mix abrupt happe l'auditeur, c'est le choc : c'est une voix incroyablement maniérée, limite glam dont use l'artiste sur une piste qui ne renonce à aucune expérimentation iconoclaste, voix accélérées, échos bluffants, fade-out/fade-in surprenants, filtres... indépendamment du martèlement obsédant d'un piano ou d'un refrain au kazoo ! Véritable symphonie de poche à la vérité.
Certes, un brelan de titres tendent vers la guimauve et le kitsch sentimental ("Le Pays Oublié, "J'aime Une Fille"), mais pour le reste, que de trouvailles sonores, que de virtuosité chantée, que de mélodies luxuriantes !
"La Couleur de l'Amour" a par exemple le bonheur de convoquer une rythmique bossa adorable, sertie de choeurs féminins évanescents très lounge - ou films de boule, selon l'humeur. "La Ville Nue" louche du côté du flamenco et regorge elle aussi de cordes et de choeurs somptueux.
"Une Vie Entière" est un jerk tuant, entrecoupé de ruptures harmoniques finement trouvées. "Le Condamné", qui sera entièrement piqué par Johnny sur "Requiem Pour Un Fou" tant pour la musique que pour les lyrics, est un blues au pathos ultime, d'une beauté crépusculaire.
"Je sais" est l'épitaphe qui voit surgir la boucle du superbe morceau d'introduction ; rien que de très normal ; entre temps le récitant aura perdu jusqu'au fil de ses textes lunaires et désenchantés.
En bref : la métaphorphose d'un ex-copain, jadis adepte d'un twist aussi décervelé qu'impavide, en un chanteur interprète exceptionnel. L'une des plus grandes bizarreries de la production fatale de 1969. Des arrangements superbes au service d'une production et d'un éclectisme musical passionnants.
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