"La baie de Fundy" - Jérôme PINEL (Slam à cappella)
Автор: Jérôme Pinel
Загружено: 2024-08-05
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Описание:
"La baie de Fundy" Jérôme PINEL (Slam à cappella)
Texte et voix : Jérôme Pinel
Lieu : Musée du Grand Presbytère à Martres Tolosane (31)
Captation/montage: Jérôme Boloch pour les amis du verbe.
Texte: "La baie de Fundy"
Au détour d'un virage...
Un battement de cœur a soulevé mes pieds. Je me suis mis à courir sous la pluie. Tant de jours. Tant de nuits. Et j'y étais. J'avais trouvé la route. Je m'étais extirpé du reste de la troupe. On se perd mieux seul. On y muselle mieux ses doutes.
D'une blague d'un soir, le nom de cette baie, s'était mué en défi intime vers l'inconnu. J'y courrais avec toutes mes plaies. J'y courrais avec toutes mes rues, longeais le parking vide d'un restaurant belvédère quasi livide, ivre d'une idée guide. Le nom me cognait au bide. Je me jetais sur la digue !
Fundy !
Des rochers noirs et glacés, d'un éclat métallique,
s'étiolaient vers la grève en un fracas de galets, énorme.
La plage était lourde. Sous un ciel anthracite,
Une houle sourde la mordaient de son écume grise.
Un lointain craquement de banquise
Aiguisait sa lame bleue sur ma gorge.
Un souffle gigantesque, impérieux
Grondait depuis le large entre les crêtes abruptes aux allures de bornes.
De ce débord de l’Atlantique nord
me semblait gémir, les sargasses, les abysses endormis et les rugissants.
Murmure d'un paysage de titans
Issu des plus antiques forges.
Tout me semblait inhumain, d'une autre force,
D'une autre main, d'une autre écorce que la mienne !
La bataille, en ces lieux, n'était pas à la mesure de l'homme,
Mon cœur le savait bien.
Elle avait débuté au premier jour,
Se terminerait au dernier de ce monde.
La harangue des siècles, se dressait
Dans le silence fier de ces pierres, jouets des eaux profondes.
J'étais poussière dans les heures.
Brindille dans les vagues, éclat dans la valse des vents.
Et bien que véritable, ma victoire,
M’apparut dérisoire ! Grain de sable ! Et pourtant...
Moi aussi, je déplaçais des galets par mon passage.
Ma solitude était vive ! Glacée ! Large !
Ce n'était pas une solitude d'aéroport !
Ou l'on s'oublie sous clim du regard de l'autre.
C'était une solitude de l'espace.
Ne d'un arrachement volontaire à tierce peau.
Une solitude à hauteur d'homme.
Une solitude de pas, de paroles.
De battement de cœur qui s'envolent.
Pleine du poids des rêves
Qui nous portent encore et toujours plus loin ici bas.
Je trempais les doigts dans l'eau, dans l’océan du monde
Une dernière fois. Là-haut, la troupe devait m'attendre.
J'escaladais les rochers, lentement.
Arrivé en courant, je repartais sur la pointe des pieds.
Une douce fureur de vivre au ventre.
Déjà la route, reprenait ses méandres.
Un certain « Cap enragé » dormait tout près.
En avant, l'aventure ! En avant !
Jérome Pinel - Le cri du vent ( Tous droits réservés)
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