« Faits d’affects » G. Didi-Huberman 5/12 - 17 janvier 2022 - Galerie Colbert - Auditorium de l'INHA
Автор: CRAL - Centre de Recherches sur les arts et le langage
Загружено: 2022-01-17
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« Tous les livres s’ouvrent, mais est-ce que les livres savent ouvrir les bras ? Est-ce que les livres de philosophie savent ouvrir les bras ? Ah ça … On a vu avec Heidegger ce qu’il en est et on a vu avec Arendt par différence ; mais il y a des livres qui savent plus que d’autres ouvrir les bras, des livres ouverts parce que des livres qui s’ouvrent à l’impossible. Vous avez remarqué depuis le début de ce séminaire, j’ai commencé comme ça, on va varier les approches ne vous en faites pas, mais enfin j’ai commencé par une approche très Georges Bataille l’impossible. Donc des livres ouverts à l’impossible, des livres pour le feu comme justement Georges Bataille dans La littérature et le mal, le dit de ceux de Kafka en réponse, une réponse qui est à la fois ironique et profonde, réponse à une enquête de l’hebdomadaire communiste Action qui demandait : faut-il brûler Kafka ? Il y a des récits dans lesquels proches de Bataille, le malheur et la mort ne sont pas évités, mais sont puissamment réfutés par des bras qui s’ouvrent malgré tout par des gestes qui accueillent, c’est le cas du livre de Blanchot L’arrêt de mort, dans lequel il y a ce moment, que l’on doit dire indécidable mais je le dis déjà parce que je vais parler de Derrida bientôt, c’est un seuil entre un amour disparu et un amour revenant, c’est lorsque à la fin du récit Blanchot écrit « Et dans la nuit je lui ai donné toute ma force et elle m’a donné toute la sienne de sorte que cette force trop grande incapable d’être ruinée par rien nous voue peut-être à un malheur sans mesures mais si cela est, ce malheur je le prends sur moi et je m’en réjouis sans mesures et à elle je dis éternellement viens et éternellement elle est là ». Dans les pages précédentes elle est morte.
L’écriture philosophique est-ce qu’elle peut se tenir à hauteur d’un tel geste : ouvrir les bras ? Je suppose qu’elle y parvient lorsque déjà elle commence par ouvrir les bras à l’autre de son propre discours la philosophie, par exemple lorsqu’elle s’ouvre à l’écriture littéraire, ou la poésie, ou les images peut-être. Lorsque la philosophie ne s’encombre plus de cette séculaire arrogance de l’absolu dont parlait si bien Hannah Arendt, et surtout lorsque la philosophie arrête de tout voir de haut c’est la même chose. Il me semble que Derrida a été un philosophe, un genre de philosophe qui savait ouvrir les bras. Il ouvrait les bras à autrui, il ouvrait les bras plus généralement à l’autre de tout discours académique ou dogmatique, et je ne m’étonne pas donc qu’il ait été un grand lecteur est un ami de Maurice Blanchot, précisément à ce point-là, le point où L’arrêt de mort, le livre avait inscrit cet appel « viens, viens, je t’ouvre les bras, viens » geste d’ouverture en conclusion à une histoire d’amour et de mort. Et ce fut l’objet de deux textes au moins enfin avec Derrida il n’y a jamais un texte ni deux, il y en a toujours beaucoup, mais notamment dans le recueil qui s’intitule Parages, il y a un très beau texte qui s’appelle « Pas » suivi d’une longue réflexion également autour du texte de Blanchot L’arrêt de mort ce deuxième texte s’intitulant « Survivre »… »
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