El Hadj Malick SY: Interprète de Conférence. L’interprétation n’a rien avoir avec les langues...
Автор: ETOILE AFRICAINE
Загружено: 2023-02-14
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Les longues années au service de l’Afrique m’ont permis de mieux comprendre les difficultés liées à la dynamique d’intégration de l’Afrique. Souvent les gens parlent de l’Organisation de l’Unité Africaine (UA) sans savoir ce qu’elle a fait. Je m’insurge quand j’entends des gens dire qu’elle ne sert à rien.
Le Président Africain qui m'a le plus marqué est Julius Nyerere de la Tanzanie. J’ai eu avec lui des rapports d’affection. J’avais déjà une grande admiration pour lui et pour ses écrits. Cependant j'ai eu une expérience assez singulière avec le Président Senghor. J’étais étudiant et farouchement anti-Senghor qui terrorisait les interprètes. Avant, on s’asseyait à une table, au milieu des chefs d’Etats, pour prendre des notes et ensuite interpréter en consécutive. Le président avait l’habitude d’interrompre les interprètes, ce qui était très ennuyeux et pouvait facilement déstabiliser l’interprète le plus sûr de lui. D’ailleurs, les interprètes refusaient toujours quand, en tant que chef interprète, je les affectais à une consécutive pour une réunion où il y avait le président Senghor. Donc, je me suis porté volontaire. Je suis allé à une réunion et j’avoue que j’ai joué sur le fait que je savais qu’il ne maîtrisait pas bien l’anglais. Alors, au moment d’interpréter, j’ai interverti la phrase. J’ai utilisé une phrase interro négative et la phrase affirmative devait s’en suivre. Dès que j’ai employé la phrase interrogative, il m’a interrompu. Et il m’a dit : « Ah, non, non, non ». Je suis resté très calme. Je me suis retourné vers lui et je lui ai dit : « Monsieur le président, vous permettez que je finisse ». Alors, j’ai fini mon interprétation, et très calmement, je me suis retourné vers lui. Je lui ai dit : « oui monsieur le président ; Vous disiez ». Et il m’a dit : « Ah, non, non, non. Vous avez très bien rendu ma pensée. C’est ce que je voulais dire ».
A la fin de la réunion, mon collègue gambien et moi, sommes mis en retrait pour permettre au président de sortir. Et mon ami me dit que le vieux m’attend à la porte de sortie. On a décidé de ne pas sortir. Mais il a continué à attendre. Alors on est sorti. Il est venu vers moi et m’a demandé si mon nom c’est Sy. Je réponds par l'affirmative. Puis, il me demande si je suis Toucouleur ; je dis : « oui Mr le président ». Et il me dit : « Toucouleur foko fek daafay degeur bopou » (les toucouleurs sont réputés têtus). Puis, il s’en est allé … Donc, il est resté tout ce temps là pour me dire ça, uniquement. J’ai trouvé tout ça absolument fabuleux : d’abord, ses valeurs culturelles, ensuite cette manière de régler les problèmes.
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