L'Ecole de Lyon - Vicky R ft. Louise Labé | C'est la base, avec
Автор: Lumni
Загружено: 2023-11-22
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Vicky R rappe un poème de Louise Labé, Je vis, je meurs ; une œuvre du XVIe siècle, appartenant à l'Ecole de de Lyon, qu'Athéna Sol t'explique et te contextualise.
« Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie » de Louise Labé
Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J’ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.
Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.
Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.
Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.
L’Ecole de Lyon est un groupe de poètes qui s'est formé à Lyon, au XVIe siècle. Ces auteurs s’inspirent de l’Antiquité : la poésie d’Ovide et de Virgile, la philosophie de Platon. Mais aussi de la poésie italienne de Pétrarque, un poète humaniste italien du XIVe siècle.
💡 A noter : Pétrarque va rendre célèbre le sonnet, le fameux poème composé de deux quatrains et de deux tercets, qui suit un schéma de rimes bien particulier.
La thématique principale de l'Ecole de Lyon, c’est l’amour. On est en plein dans le registre lyrique, celui de l’expression des émotions et des sentiments. Les lyonnais écrivent des sonnets amoureux, en idéalisant l’amour et l’objet de leur amour. Les poètes de l'Ecole de Lyon sont, notamment, Maurice Scève, Pontus de Tyard, Pernette du Guillet ou encore Louise Labé.
Louise Labé, poétesse de la Renaissance
Louise Labé est surnommée « La belle Cordière », en référence au métier de cordier exercé par son père et son mari. Autrice de poèmes d’amour, Louise Labé écrit du point de vue d’une femme, ce qui est assez rare pour être noté. On connaît peu de choses de la vie de cette poétesse, si bien que certains critiques se sont demandés si elle avait vraiment existé ou si elle n’était pas qu’une invention des poètes lyonnais. Pour autant, l'érudition de Louise Labé s'explique. Son mari cordier gagnait suffisamment bien sa vie pour que Louise puisse acheter des livres, s'instruire et écrire.
Analyse du poème : inconstance de l'amour et universalité
Ecrit en 1555, Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie est un sonnet très célèbre, et l'un des plus connus de la poétesse.
Procédés littéraires : le poème tout entier est construit sur des oppositions, sur des antithèses, c’est-à-dire que la poétesse joue sur l’alliance des contraires :
► Je vis / je meurs
► Je me brûle et me noie
► J’ai chaud / froidure
► Molle / dure
► Ennuis / joie
► Je ris / je larmoie
► Je sèche / je verdoie
La figure de style de l'antithèse permet de montrer la confusion des émotions et leur inconstance perpétuelle. On note aussi l'utilisation d'adverbes de temps qui montrent à quel point la poétesse est ravagée : « tout à un coup », « tout en un coup », « inconstamment », « puis ». Ces adverbes montrent la fugacité des émotions de la poétesse, soumise à du mouvement, à des changements d’états successifs dont elle n’est plus maîtresse. D’ailleurs, si on est attentifs aux pronoms, cette passivité de la poétesse devient évidente. Dans les premiers vers, le « je » est sujet des phrases, c’est ce qui domine dans les deux premières strophes. Mais à partir du premier tercet, c’est « Amour » (avec une majuscule, sans doute le Dieu Amour, Cupidon, fils de Venus) qui devient sujet de la phrase : « Amour me mène » (v. 9) puis « Il me remet » (v. 14). La poétesse présente dans le pronom personnel « me » devient COD, autrement dit, elle subit l’action et n’en est plus à l’origine. Elle ne contrôle plus rien, elle est le jouet de l’amour.
Universalité du point de vue : ce qui fait l’originalité de ce poème, c’est que Louise Labé écrit un poème d’amour sans jamais parler de l’être aimé ! Elle ne parle que de l’être aimant : elle-même. Là où les poètes ont l’habitude de se perdre en éloges sur la femme aimée, en décrivant la beauté de son corps, Louise Labé, elle, ne prend pas cette peine. Ce qui l’intéresse, c’est la tourmente du sujet amoureux. En ne décrivant pas l’objet de son amour, en ne donnant aucune indication sur son physique ou son genre, elle permet à tous les lecteurs et à toutes les lectrices de s’identifier. D’ailleurs, elle-même ne se genre pas ici, il n’y a aucune trace du féminin. Elle aurait pu dire « je suis verdoyante » ou « je suis rieuse » mais elle choisit de dire « je verdoie » et « je ris ». Ainsi, le poème devient universel. Peu importe ton genre, tu peux te reconnaître dans ces vers.
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