2025 - Qu'à peine ou de peur, un javelot super - plouf! - nous fait un ricochet.
Автор: Association les Amis de la Galicière
Загружено: 2026-01-20
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Un film de Sara Favriau, suite à ses résidences à la Galicière pour réaliser l'œuvre "Qu'à peine ou de peur, un javelot super - plouf! - nous fait un ricochet."
PRENDRE SOIN DU PASSÉ, PLANTER LE FUTUR
Texte de Nathalie Viot, commissaire d'exposition
À Chatte, au pied du Vercors, dans l’enceinte majestueuse d’une ancienne usine de moulinage du XIXe siècle, Sara Favriau nous livre, à l’issue de plusieurs semaines de résidence, une œuvre aussi puissante qu’énigmatique. Son titre, à la lisière de l’absurde et du poétique – Qu’à peine ou de peur, un javelot super - plouf - nous fait un ricochet – agit comme une clé discrète, ouvrant une porte vers le sensible, l’instable, le fugace. Il évoque la légèreté d’un geste, la fragilité d’un équilibre, et cette manière propre à l’artiste d’amener le spectateur à regarder autrement, dans les interstices du réel.
Depuis 25 ans, Nadia et Jean-Pascal Crouzet et l’association des Amis de la Galicière, veillent avec constance à la sauvegarde et à la réactivation de ce lieu rare, La Galicière, dans un esprit d’ouverture et de transmission. Leur engagement est ce qui nous rassemble ici. C’est dans ce cadre que Sara Favriau, première artiste invitée en résidence, a mené un travail in situ d’une grande justesse, à la fois ancré et visionnaire. Je tiens à saluer la singularité de sa démarche, empreinte de persévérance, de finesse, et nourrie d’une réflexion profondément humaniste.
Depuis ses débuts, Sara inscrit son œuvre dans une économie de moyens consciente : elle pense ses pièces en fonction du contexte, du terrain, des matériaux disponibles, et de ses propres capacités physiques. Une forme d’écologie artistique, de sobriété volontaire, qui engage le corps autant que la pensée. La cabane, élément récurrent dans son travail depuis plus de dix ans, en est l’un des vecteurs les plus explicites. Ici, elle devient un abri pour un arbre : un noyer, planté au cœur d’une structure rappelant les anciens séchoirs à noix, si typiques de la région dauphinoise.
Le choix de cet arbre n’est pas anodin. Originaire d’Asie centrale, le noyer accompagne l’histoire humaine depuis des millénaires : ses fruits nourrissent les hommes depuis le Paléolithique. Il fut introduit dans le Dauphiné au XIe siècle, et la noix de Grenoble fut la première à obtenir, en 1938, une Appellation d’Origine Contrôlée. En liant sculpture et mémoire agricole, Sara établit un pont entre l’histoire du lieu et un présent en quête de racines.
Mais ce noyer ne pousse pas à l’air libre. Il est partiellement contenu dans une architecture faite de bois de charpente récupérés – ces mêmes bois issus des toitures effondrées de la Galicière, et soigneusement conservés. Brûlés dans un four conçu pour l’occasion à même la terre dans l’argile rouge du site. plongés dans l’eau encore rougis par la flamme, ces bois sont pétrifiés. Ainsi consolidés, ils deviennent la structure/sculpture et raconte l’histoire. La cabane devient ainsi un double geste : protection de l’arbre en croissance, et geste réparateur envers le bâtiment lui-même, dont elle réemploie les restes. Elle enferme et libère à la fois, délimitant un espace autant qu’elle le révèle.
Le four, quant à lui, est le pendant de la cabane. Installé dans une excavation d’argile, fait de briques et de tuiles blanchies à la chaux, il évoque tour à tour une ruche, un puits, un igloo, une matrice. Il incarne ce va-et-vient entre destruction et création, combustion et naissance. Sa présence physique, presque archaïque, convoque une mémoire des gestes artisanaux – celle du feu qui transforme, celle de la main qui façonne. Il est le cœur battant du dispositif, le lieu des métamorphoses.
Face au noyer jeune, un autre arbre a été planté : un mûrier blanc, originaire de Chine, introduit en France au XVIe siècle pour nourrir les vers à soie. La Galicière fut précisément, jusqu’au début du XXe siècle, un haut lieu du moulinage, cette activité industrielle qui transformait le fil de soie brute en fil prêt à être tissé. En plantant ce mûrier, Sara ravive une mémoire ouvrière, silencieuse, féminine souvent, profondément inscrite dans les murs.
À ce geste s’ajoute celui de Malo Legrand – assistant de Sara depuis quatre ans, devenu à son tour artiste – qui a déposé une oya en céramique, façonnée par lui, pour abreuver le mûrier. L’oya, technique ancestrale d’irrigation par porosité, est un geste discret mais symbolique : il vient prolonger le soin, l’attention au vivant, et inscrit le projet dans une temporalité lente, végétale, quasi invisible.
En réunissant les éléments – terre, bois, feu, eau, végétal – Sara Favriau compose une œuvre qui dialogue avec les forces profondes du lieu. Elle y inscrit une pensée du lien : lien à la matière, à l’histoire, au territoire, au vivant. Son installation agit comme une synthèse sensible du bâti, du paysage et de la mémoire. Elle ne se contente pas d’occuper l’espace : elle le révèle, le réactive, le rend à nouveau habitable.
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