Roman Polanski feat. Laurent van Eynde
Автор: Microciné Revue de cinéma et de télévision
Загружено: 2025-04-21
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Nous avons parlé d’un cinéma qui ne cherche pas à rassurer.
Celui de Roman Polanski, scruté avec précision et nuance par Laurent Van Eynde dans Une île battue par les vents (La Lettre volée). Le titre dit déjà tout : un lieu clos, mais exposé, assiégé — une image, en somme, de son cinéma. Le livre, d’abord, ne se dérobe pas à ce qui entoure l’œuvre : la figure de Polanski, sa biographie, ses actes, ses silences. Mais il choisit d’y répondre autrement, en déplaçant la question, en la déposant non dans la personne mais dans les films. C’est de l’œuvre qu’il est question. Et de rien d’autre.
Ce que Van Eynde observe, c’est un cinéma de la fracture — fracture entre l’intérieur et l’extérieur, entre le visible et ce qui le déborde, entre le tragique et le burlesque. Ce qu’il appelle, avec justesse, une « claudication ». Chez Polanski, les films boitent. L’image chancelle, la composition se décentre, l’espace est clos mais poreux. Il y a toujours une brèche. Le plan paraît solide, puis le vent s’y engouffre. Une télévision qui montre l’extérieur depuis un intérieur barricadé (Ghostwriter), un studio radio protégé que la guerre traverse en un souffle (Le Pianiste), une porte qui ne ferme pas tout à fait.
Van Eynde parle d’un cinéma impur, au sens noble. Pas une synthèse des arts, mais une cohabitation malaisée, tendue — où le théâtre, la peinture, parfois le roman gothique, viennent traverser les cadres. Les influences ne sont jamais décoratives. Van Eyck et Velázquez sont convoqués non pour faire érudit, mais pour nommer cette image dans laquelle le spectateur est toujours inclus, englobé, surveillé. Il n’y a pas de quatrième mur. Nous sommes dans l’image.
Les films de Polanski ne se tiennent jamais droits. Chinatown, Le Locataire, Frantic, Macbeth, Tess… tous sont animés par un même mouvement d’instabilité, de glissement, de déséquilibre. Une chaise roule toute seule dans un couloir. Un regard se retourne. Un pas hésite. Même le tragique y est traversé par le burlesque — non pour l’atténuer, mais pour en révéler le vertige. Quand l’image ne sait plus sur quel pied danser, c’est là que Polanski atteint son point d’incandescence.
Et si ce cinéma est inconfortable, ce n’est pas en raison de l’homme, mais de ce qu’il filme. Des lieux qui n’abritent pas, des corps qui ne tiennent pas debout, des regards qui se brisent comme des lunettes fêlées. Chez Polanski, tout est fragile. Rien n’est réconcilié.
Nous avons parlé de cela — d’un cinéma qui ne redresse pas, mais incline. D’un cinéma qui boîte.
Livre disponible ici : https://lettrevolee.com/spip.php?arti...
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